2 juin 2015

Pluton, 42 jours avant son survol


C'est devenu une habitude depuis 2011, je lui rends visite tous les ans pour prendre de ses nouvelles : Voici la planète naine Pluton !
Dans l'animation ci-dessous, faîte à partir d'images prises avec le tout nouveau télescope Slooh T2 du Mont Teide, on voit le déplacement de Pluton sur une durée de 2h05 dans la nuit du 1er au 2 Juin.
L'astéroïde 1999 JM85 passait dans le coin. On le distingue à peine avec sa magnitude 17.7.

Crédit : Emmanuel Conseil avec www.slooh.com
J'ai reconstitué avec Aladin la carte de la zone de la constellation du Sagittaire couverte par l'animation ci-dessus. Cette année, Pluton se balade à proximité d'étoiles brillantes du Sagittaire et il est relativement aisé de la pointer, même sans monture informatisée.

L'animation du dessus couvre le rectangle vert 
Pluton est souvent délaissée par les astronomes amateurs qui la pensent à tort totalement inaccessible. Pourtant avec une magnitude 14, elle est à la portée de bien des astrophotographes, même avec peu d'équipement. Mon 150/750 + un APN EOS 1000D suffisent à montrer son mouvement sur plusieurs jours.

Dans 42 jours, ce monde inexploré n'en sera plus un. L'occasion peut-être de se reporter sur d'autres mondes encore plus lointain et toujours inexplorés comme Haumea ou Eris, abordables pour les astrophotographes amateurs avec un peu plus de moyens.

11 mai 2015

Vers Proxima du Centaure en 80 000 ans ? Pas si sûr...

Proxima Centauri. Crédit : Hubble Space Telescope


Récemment au cours d'une soirée publique sous les étoiles, une personne me demande combien de temps il faudrait pour se rendre en vaisseau spatial vers l'étoile la plus proche (Soleil non compris).
Comme par réflexe, je cite le chiffre communément admis (ici, ici, ici, ici, ici et puis ici, et là aussi) que le vaisseau le plus rapide qu'on ait construit jusqu'à présent mettrait environ 80 000 ans pour atteindre Proxima du Centaure.

Le calcul n'est pas très compliqué.
Le vaisseau ayant la plus grande vitesse d'échappement que l'Homme ait construit et envoyé dans l'espace est pour l'instant la sonde Voyager 1. Elle file vers le fond du système solaire (en étant passée par Jupiter et Saturne) et tend vers une vitesse de 60 000 km/h. Elle était beaucoup plus rapide au départ, mais sa vitesse décroît à mesure qu'elle s'éloigne du Soleil.




Vitesse de Voyager 2 en fonction de son éloignement au Soleil (courbe rouge) Credit: Cmglee, Wikipedia)
Vitesse de New Horizons en fonction de son éloignement au Soleil. Credit : JHU mission design document by Guo & Farquhar

On voit ici sur 2 graphiques représentant les vitesses de Voyager 2 et New Horizons que la vitesse des sondes tend asymptotiquement vers une valeur minimale qui est peu ou prou atteinte en quelques dizaines d'unités astronomiques.
Compte tenu des durées mises en jeu, nous allons considérer que notre sonde atteint rapidement (quelques dizaines d'années) sa vitesse limite au regard du temps de parcours (plusieurs dizaines de milliers d'années). Je n'ai pas trouvé le diagramme pour Voyager 1, mais il est similaire à ces deux-là et sa vitesse asymptotique est légèrement inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui, soit pour simplifier les calculs environ 60 000 km/h.

Proxima du Centaure est une étoile naine rouge située à 4.24 années-lumières du Soleil. Etant donné qu'une année-lumière (distance parcourue par la lumière en un an) vaut 9 460 000 000 000 km, ça nous met Proxima du Centaure à 40 110 400 000 000 km (40 000 milliards)
Divisons par 60 000 et nous obtenons le nombre d'heures que prendra le voyage : 668 506 667.
Redivisons encore par 24 pour obtenir le nombre de jours de voyage : 27 854 444.
Divisons enfin par 365.25 pour obtenir le nombre d'années, et cela fait 76 261.
80 000 ans de voyage est donc plutôt un bon ordre de grandeur.

Une telle durée rend le voyage extrêmement compliqué. D'une part parce qu'il faut une technologie capable de tenir dans l'espace pendant tout ce temps, mais aussi parce qu'à cette distance, il se passe 8 ans et demi entre l'envoi d'un ordre depuis la Terre et la réception de la réponse de la sonde (2 x 4.24 ans).

Mais il y a une chose que l'on oublie généralement en faisant ce calcul : la distance Soleil-Proxima n'est pas fixe dans le temps.
Des étoiles passent dans notre voisinage, parfois très près comme l'étoile de Scholz puis s'éloignent. Le système d'Alpha du Centaure ainsi que Proxima n'échappent pas à la règle.
Sur le graphique ci-dessous, on voit l'évolution de la distance des étoiles les plus proches au Soleil. En ce moment (abscisse = 0), c'est bien Proxima la plus proche.

Crédit : Wikipedia


Supposons maintenant que nous lancions, dès demain, une sonde aussi rapide que Voyager 1 en direction de Proxima, que se passerait-il dans 80 000 ans ?
La sonde aura bien parcouru 4.24 années-lumières, mais Proxima et tout le système d'Alpha du Centaure se sera éloigné du Soleil de 2.3 années-lumières supplémentaires.
Résultat des courses : au bout de 80 000 ans de voyage, la sonde n'y est pas.
En fait, si on regarde la courbe d'éloignement de Proxima du Centaure, on remarque qu'il s'agit un polynôme de degré n > 1. Vraisemblablement une parabole, mais si c'est un degré 4 ou 6, ça ne change pas grand chose au problème. Maintenant si on trace la courbe d'éloignement de notre sonde, qui est une droite (vitesse constante), on remarque qu'elles ne se croiseront ... jamais. Notre sonde lancée à 60 000 km/h ne peut pas atteindre Proxima du Centaure. Jamais. Car à un moment donné, l'étoile s'éloigne de nous plus vite que la sonde.

Superposition de la courbe d'éloignement d'un vaisseau à 60000 km/h et des courbes d'éloignement des étoiles proches.


Alors comment faire pour rejoindre un autre système solaire ?
1) Compte tenu que certaines étoiles se rapprochent de nous, on pourrait en viser une qui est aujourd'hui loin, mais compter sur le fait qu'elle se rapproche pour la croiser quelque part à mi-parcours. Mais quand on regarde encore une fois le graphique avec les courbes d'éloignement des étoiles et de notre sonde, on remarque qu'elles ne se croisent jamais.
2) La solution la plus évidente reste d'aller plus vite que 60 000 km/h, pour atteindre Proxima du Centaure (ou une autre étoile) avant qu'elle ne nous fausse compagnie.
Une idée pourrait être de rejoindre Proxima du Centaure dans 28 000 ans, quand elle ne sera qu'à 3.2 années-lumières de nous. On minimiserait la distance parcourue. Mais pour faire ces 3.2 années-lumières en seulement 28 000 ans, il faudrait que la sonde se déplace à la vitesse de 123 000 km/h. Une vitesse de croisière que l'on n'atteint pas encore dans l'espace.

En résumé, au lieu de dire :
"Avec les moyens actuels il faut 80 000 ans pour se rendre sur l'étoile la plus proche"

il faudrait plutôt dire :

"Avec les moyens actuels, on parcours une distance équivalente à celle séparant le Soleil de Proxima du Centaure en 80 000 ans environ"

27 avril 2015

astro4u au collège de la Salle à Coudekerque-Branche




Petit debrief avec les élèves avant d'observer le soleil au télescope

Nous avions une manifestation prévue les 23 et 24 Avril au collège de la Salle à Coudekerque-Branche (près de Dunkerque) avec astro4u.
Au programme, pour les classes de 5ème et 4ème, une séance de planétarium gonflable et l'observation du soleil avec des télescopes.
Coup de chance pour tout le monde, il a fait un temps magnifique. Les élèves ont pu se succéder par groupes d'une vingtaine sur chaque atelier, de 14h à 18h.
Nous avons été chaleureusement accueillis par l'équipe enseignante et le directeur de l'établissement et les élèves n'ont pas été avares de questions. Bref, une animation plaisante pour tout le monde.

Au PST Coronado, le soleil était vraiment magnifique, avec une énorme protubérance sur son limbe, ici prise à l'oculaire avec un smartphone entre 2 animations avec les jeunes.

Soleil au PST Coronado
Au filtre solaire simple, le nombre de taches solaires variait en fonction de celui qui les regardait. De 5 à 8 en fonction de l'élève :-)

Le collège est équipé de deux C6 qui profitent aux élèves qui suivent le club science, section astronomie. Nous avons pointé l'un de ces instruments sur la Lune dans l'après-midi, les élèves étaient tout étonnés de la voir en plein jour.
Depuis qu'il a jeté un oeil dans le PST Coronado, le professeur responsable du club a très envie d'en avoir un aussi pour le collège :-)

Il faisait un peu frais ce jour-là, j'en ai presque oublié que le soleil tapait quand même fort. Le soir, mon bras gauche m'a rappelé à quel point l'exposition prolongée au soleil pouvait être douloureuse.

Aïe !


Toutes les photos de ces deux journées, avec aussi Philippe, Didier et Fabien qui font les clowns sont visibles ici : https://www.flickr.com/photos/astro4u/sets/72157651732445077/

Les personnes intéressées par de telles manifestations peuvent se rendre sur http://www.astro4u.fr

21 mars 2015

Ca a quel goût une étoile ?

A vrai dire, je ne m'étais jamais posé la question. Et pourtant hier, il a fallu que j'y réponde...

Hier ça n'a sans doute échappé à personne, c'était jour d'éclipse.
Pour un astronome amateur, c'est le genre d'événement qui provoque la prise d'une journée de congé parce que ce n'est quand même pas tous les ans, et puis c'est joli à observer.

J'avais proposé à l'école primaire de mes enfants de faire une intervention toute la matinée, pour un maximum d'enfants, afin qu'ils puissent eux aussi profiter de ce spectacle en toute sécurité.

Mais Dame Météo n'était pas de cet avis hier matin :


Vu que la situation météo n'évoluait pas depuis 4h du matin (oui je me suis levé tôt), il a fallu se résoudre à laisser le télescope, les lunettes et les sténopés dans la voiture et annoncer à la directrice de l'école que c'était foutu, au moins pour la première partie de l'éclipse. Je reviendrai à l'heure de la récré pour voir si on peut espérer quelque chose en fin de matinée.
Mais là aussi, à 10h30, nada. Le ciel s'était bien obscurci, mais entre gris clair et gris foncé, point de Soleil.

Alors pour que les enfants ne repartent pas frustrés de cette journée tant attendue, les institutrices de CE2 au CM2 ont souhaité que je reste pour répondre aux questions des enfants. Et c'était juste grandiose :-)

A défaut de pouvoir le faire dans la cour de récré pour cause de mauvais temps, nous avons suivi l'éclipse en ligne, sur le site du Pic du Midi, avec l'image projetée sur un écran dans la salle de classe.
Nous avons pu également voir l'ombre de la Lune se déplacer au dessus de l'océan Atlantique grâce aux images satellites de sat24.com. Au passage, je leur ai fait réviser un peu de géographie, ça a fait plaisir aux institutrices ;-)
Crédit : Pic du Midi

Si je fais de l'animation en astronomie en solo, au sein de mon club ou avec astro4u, c'est pour vivre des moments de partage comme celui d'hier matin.
L'astronomie, ce n'est pas un gros morceau de l'enseignement que l'on reçoit. Pourtant que ce soit chez les jeunes ou chez les adultes, la fascination vis à vis de l'Univers est toujours la même et les gens ont des tonnes de questions à poser.
Avec des adultes les questions sont relativement structurées, mais ce qui est génial avec les enfants, c'est que ça part dans tous les sens. Ils ont 1000 idées dans la tête et les sortent toutes en même temps :-)

J'avais donc face à moi 50 gamins et des doigts levés de partout comme rarement une institutrice peut en avoir.

Au début les questions tournaient autour de l'éclipse. C'est l'échauffement, pour eux comme pour moi.
- "D'où on peut voir l'éclipse ?"
- "Ca dure longtemps une éclipse ?"
- "Pourquoi il y a des nuages devant le Soleil ?" Ah, ça, mon garçon, je me le demande !
- "Il se passe quoi si on est sur la Lune et qu'on regarde le Soleil pendant l'éclipse ? On meurt ?"

Gloups... On sent dans cette question toute l'angoisse liée à l'éclipse qu'a généré une communication maladroite et désactreuse de l'Education Nationale sur ce sujet. A répéter partout que c'est dangereux, qu'il faut s'enfermer, alors que des moyens simples et sécurisés existent pour observer les éclipses, on a rentré dans la tête de nos chérubins qu'une éclipse, ben c'est pas bien, ou pire : mortel. 


Vient rapidement une question "classique" : "C'est quoi un trou noir ?"
Non seulement cet objet retient tout, même la lumière, mais il retient aussi toute l'attention des enfants :
- "Et si on tombe dans le trou il se passe quoi ?"
- "Et si on y envoie un robot et qu'on le fait revenir, on ne pourrait pas savoir ce qu'il y a dedans ?"
- "Et si la Terre est avalée par un trou noir, il fera nuit ?"
- "Est-ce que le Soleil va se transformer en trou noir ?"
- "Ca fait quelle taille un trou noir ?"
- "..."

Pour des enfants de 7-10 ans, le niveau et le nombre des questions m'épatent. Les trous noirs ne sont pas dans leur programme scolaire, pourtant l'objet leur semble relativement familier.

Pour l'animateur, toute la difficulté (et l'intérêt de la chose) est de réussir à parler de quelque chose d'aussi abscons et "mathématisé" qu'un trou noir avec des mots ultra simples. Car avec eux ça ne pardonne pas. Si un mot est un poil au dessus de leur niveau, là où des adultes se tairaient par politesse, les enfants ne se gênent pas pour le dire et poser une autre question. Si bien que de question en question, on finit par répondre à quelque chose qui n'a plus rien à voir avec la question du départ.

Bref, dans ce brouhaha de questions sur l'éclipse et les trous noirs arrive mon p'tit gars, là-bas dans le fond, tout timide et qui pose sa question d'une voix toute faible : "Ca a quel goût une étoile ?"

On m'en avait déjà fait des bizarres - à vrai dire les enfants sont champions dans ce domaine - mais celle-ci semblait tout droit sortie ... d'un trou noir. Un ovni. Une chose dont je n'avais même pas supposé l'existence.

Surtout ne pas rire, non, interdit. Le p'tit bonhomme veut vraiment une réponse à sa question et il serait dramatique de se moquer. D'ailleurs, je répète assez souvent lors des soirées astro publiques qu'il n'y a pas de question bête pour ne pas me dérober cette fois-ci.
Les autres élèves de la classe se retournent vers moi et attendent. C'est vrai qu'elle est bonne cette question :-)

Que faire ? Fuir en utilisant l'humour ?
"La fraise, la banane, le potimarron, ..." Si je répond ça ce sera drôle, mais en plus d'être fausse, cette réponse ressemblera pour le poseur de question à de la moquerie. Non.
Donner une réponse a priori correcte ?
- "Ca a un goût de brûlé." Après tout, à 5800 degrés la cuillère de chromosphère, on peut difficilement imaginer que ça ait un autre goût. Mais alors l'enfant va t-il imaginer que quelqu'un a fait l'expérience pour arriver à cette conclusion ? Va t-il la tenter chez lui avec un objet chaud ?

J'ai opté pour une version plus simple, sans mensonge et sans approximation : "On ne sait pas. Personne n'a encore essayé de le faire car la matière d'une étoile, c'est beaucoup trop chaud, on se brûlerait en essayant de l'avaler".
A ma connaissance, aucun olibrius n'a encore fait subir cette torture à ses papilles gustatives. L'hydrogène porté à près de 6000 degrés, c'est vraisemblablement létal.  :-)

Je pense qu'il était content de la réponse parce que j'ai eu un signe d'approbation de sa part et pas de relance avec une autre question. Ouf !

Tout cela a continué dans la joie et la bonne humeur (et le repos pour les institutrices) jusqu'à midi.
- "L'éclipse est finie ?"
- "Oui, l'éclipse est terminée maintenant".
- "Monsieur !! Si l'éclipse est finie, alors on peut regarder le Soleil maintenant ?"

Eh misèèèèèèèreee !!!


A la sortie de la classe, des élèves m'ont remis des dessins qu'ils avaient faits pendant mon exposé. Ils apprenaient à se servir du compas en ce moment. C'était mignon et ça m'a beaucoup touché.


J'aurais pu passer ma matinée dans ma voiture, à la recherche d'un point ensoleillé dans le Nord-Est pour observer l'éclipse dans mon coin.
Mais voir briller des étoiles dans les yeux des enfants qui se passionnent pour l'astronomie, ça valait bien de louper cette éclipse-ci. Après tout j'ai déjà eu l'occasion d'en voir plusieurs, il faut en faire profiter les autres.


18 janvier 2015

Infos du moment

Peu d'activité astro ces derniers mois. La météo ne s'y prête pas trop din ch'Nord.
J'ai quand même pris le temps Vendredi soir de faire un petit coucou à la comète du moment.
Quelques soucis techniques, notamment avec mon moteur d'ascension droite et au final, je me suis limité à des poses de 35s. J'ai dû lutter pour sortir la queue avec des poses aussi courtes.


Du côté des supernovae, j'ai laissé filer quelques soirées de recherche avec TAROT. On a un bon petit groupe d'amateurs qui se sont mis à la recherche de supernovae suite aux RCE. Ils tiennent le coup depuis 2 mois, ce qui me permet de regarder un peu moins les images.
L'un d'eux en a trouvé une la semaine dernière dans NGC 5337. Mais entre le moment où l'annonce a été faîte au groupe et le moment où nous aurions pu constater la réalité de la candidate, une équipe chinoise a déclaré la même découverte. Donc perdu :-(
J'ai quand même conservé mon image arrivée trop tard pour confirmer la candidate auprès du CBAT :
Supernova dans NGC5337
Je continue à apporter des images au projet ASAS-SN au fur et à mesure que leurs candidates tombent. Ils ont fêté la semaine dernière leur 100ème découverte de supernovae. Le tout en moins de 2 ans.
Ma dernière contribution en date concerne ASASSN-15ba : http://www.astronomerstelegram.org/?read=6934

Astro4u va reprendre du service en 2015 sous un nouveau statut. Je continue l'aventure avec l'équipe. Un partenariat en cours avec le Palais de L'Univers et des Sciences de Cappelle-la-Grande devrait nous offrir de belles opportunités pour diffuser encore mieux l'astronomie auprès du public.

28 octobre 2014

Un ptit pas pour l'homme..


C'était il y a pile 2 ans, le 28 Octobre 2012 à 07h41.
Je me décidais à envoyer un email à Alain Klotz (que je ne connaissais pas) pour lui confirmer que j'avais moi aussi vu quelque chose de neuf dans NGC 1365. Un Dimanche matin, même pas peur ! :-)


Mon petit pas

2 ans plus tard, quelle aventure !
Les RCE 2012, les supernovae avec TAROT, Zadko, ma première découverte de SN, mes premiers followups de supernovae, la newsletter de la NASA, Astronomie Magazine, Ciel & Espace, l'appel à collaboration de ASASSN, ... Où s'arrêtera cette histoire, je ne le sais pas mais j'ai déjà envie d'être en 2015, juste pour voir :-)

Ce petit pas d'il y a 2 ans, il ne coûtait finalement pas grand chose. Contacter un inconnu, professionnel de l'astronomie, de surcroît le Dimanche matin, pour lui dire que j'avais une image toute pourrie à lui soumettre, ça me paraissait compliqué. De mémoire, j'ai dû commencer cet email vers 06h30 du matin, et tergiversé pendant une heure. Quel risque je prenais là !!

Le risque à faire un premier petit pas, c'est justement le sujet du dernier talk des TEDxParis 2014, en vidéo ci-dessous. C'était au début Octobre au théâtre du Chatelet.



Se lancer dans la science participative, comme le présente Ciel & Espace dans son dernier numéro, ce n'est rien de moins que ça : faire un premier pas. Ne pas se soucier des risques... Quels risques après tout ? Ne pas se faire des films, juste se laisser guider. Si c'est vraiment ce qu'on veut faire, alors ça va bien se passer. Ce premier en amènera un second, un troisième et l'aventure commencera.

9 octobre 2014

ASAS-SN en tête


L'équipe d'ASAS-SN vient de publier un p'tit article résumant quelques mois de recherches de supernovae. Il se trouve ici : http://www.astronomy.ohio-state.edu/~assassin/APOW/ (in english)

Et il faut bien avouer qu'en termes de recherche de supernovae brillantes, ce projet est bien leader cette année, avec près de la moitié des découvertes à son actif.
A noter en deuxième position les astronomes amateurs avec 29 découvertes entre le 1er Mai et le 04 Octobre. SN2014bz en fait partie :-)
Les autres découvreurs, tous professionnels, trouvent surtout des supernovae moins brillantes.

Répartition des découvertes de supernovae "brillantes" entre les différents découvreurs

A la fin de l'article, un focus est fait sur les astronomes amateurs qui donnent un coup de main pour la confirmation des candidates, avec bibi en bonne place :-)
Je m'amuse bien sur cette collaboration, et j'apprends pas mal de chose.
Parmi mes dernières confirmations, il y a l'ATel 6521 ou encore l'ATel 6539. Il y en aura sûrement d'autres bientôt !