17 mars 2020

Salon 2020 du club astro de Mont-Bernenchon


Le Samedi 07 Mars, le club d'astronomie de Mont-Bernenchon organisait sa désormais traditionnelle exposition autour de l'astronomie à la salle des libellules.
Comme chaque année, elle comprenait une exposition de photographies réalisées par les membres du club avec leur matériel. La visite de l'exposition pouvait être commentée par ceux qui avaient réalisé ces clichés.







Le matériel était également mis à l'honneur, accompagné d'explications sur son fonctionnement. Nouveauté cette année, nous avions prévu un atelier d'aide au choix d'un télescope. C'est une question qui nous est régulièrement posée tout au long de l'année.


Les maquettes en impression 3D ont également eu pas mal de succès, notamment l'explication des missions Apollo à l'aide des maquettes de Saturn V, du module de commande et du module lunaire.


La météo toute grise de l'après-midi ne nous a pas permis de faire l'observation du Soleil au télescope, ni l'observation de Vénus en plein jour. Même l'atelier "Gnomon" de Philippe a eu quelques difficultés puisqu'il n'a fonctionné que le matin, quand le public n'était pas là... Philippe s'est par contre rattrapé avec son exposé sur le rôle de la course du Soleil dans la construction de certains édifices sacrés à travers les âges.

Le public fut au rendez-vous : environ 200 personnes. Nous avons commencé à compter dès l'ouverture à 14h00, mais nous avons été rapidement dépassés par le grand nombre de questions posées par le public.
J'ai pu constater que la publicité que nous avions axée sur les écoles a produit ses fruits puisque de nombreux enfants sont venus.

Bien sûr les copains du GAAC et du CAD sont également passés faire coucou. Et la Voix du Nord nous a fait un p'tit article sur cet après-midi.



Contents de l'engouement perçu, nous donnons d'ores et déjà rendez-vous à tout le monde l'année prochaine pour un prochain voyage dans les étoiles !

24 janvier 2020

Venez découvrir l'astronomie


Venez découvrir l'Univers, ses merveilles et ses mystères avec le club d'astronomie de Mont-Bernenchon le Samedi 7 Mars 2020 de 14h à 18h à la salle des Libellules de Mont-Bernenchon, près de Béthune (Pas-de-Calais).

Au programme :

Exposition de photos du ciel ;
Exposition de matériel astronomique ;
Observation du Soleil au télescope avec du matériel adapté (si la météo le permet) ;
Atelier sur les exoplanètes ;
Atelier sur la pollution lumineuse ;
Démonstration d'utilisation d'une carte du ciel ;
Astrophotographie et traitements d'images ;
Aide au choix d'un télescope.
Comme chaque année, vous pourrez admirer près de 200 images de galaxies, nébuleuses, planètes ou étoiles, toutes réalisées par les membres du club d'astronomie avec leurs télescopes. Ces télescopes seront également exposés.

Si vous avez des questions sur l'astronomie ou concernant du matériel d'observation astronomique que vous avez acquis, nos passionnés seront présents pour vous répondre. En cas de météo favorable, il sera également possible d'observer le Soleil avec du matériel adapté.

Entrée libre et gratuite, pour petits et grands.




18 janvier 2020

Publication : Campagne d'observation de EE Cephei



Il y a quelques années de cela, j'ai participé à la campagne d'observation d'une étoile aux éclipses un peu particulières. C'est une étoile de magnitude 11 dans la constellation de Céphée. Par conséquent, celle-ci n'est visible ni à l'oeil nu, ni aux jumelles.

Position de l'étoile EE Cephei dans la constellation de Céphée

Tous les 5 ans et demi environ, la luminosité de cette étoile chute pendant plusieurs semaines. Contrairement aux cas classiques, ses éclipses sont longues, suggérant que l'objet qui passe devant est immense (beaucoup plus gros qu'une étoile) et la baisse de luminosité n'est pas la même à chaque éclipse, suggérant que l'objet n'est pas "solide". La durée de l'éclipse n'est pas non plus la même à chaque fois, et la courbe de lumière de l'éclipse est asymétrique, ce qui signifie que la "chose" qui passe devant EE Cephei voit sa taille, sa forme, son orientation, sa transparence, ou une combinaison de ces caractéristiques-là changer au cours du temps.
La périodicité des éclipses étant par contre très précise, nous sommes donc bien face à quelque chose qui tourne autour de EE Cephei sur une orbite stable.

Depuis 1952, ces éclipses sont de mieux en mieux observées. Ci-dessous quelques courbes de lumières montrant à quel point chaque éclipse fut différente des autres.
(c) Galan & al. https://arxiv.org/pdf/1407.1541.pdf
Avec les moyens d'observations toujours croissants à notre disposition, et sachant que les astronomes amateurs sont tout à fait capables de contribuer activement à ce type d'observation, une équipe d'astronomes professionnels polonais a fait appel à la communauté amateur pour que celle-ci l'épaule.
Comme j'avais participé avec eux à la campagne d'observation de l'étoile AZ Cas, j'ai naturellement fait partie des personnes sollicitées ici.
J'annonçais même ici le début de la campagne, réalisée pour ma part avec les télescopes en remote de chez Slooh que j'utilise depuis 2012.
Comme on ne savait pas avec précision quand commencerait l'éclipse (alors qu'on savait parfaitement sur quelle date elle était centrée), il fallait commencer assez tôt les observations. Ces observations "hors éclipse" sont importantes car elles permettent également de calibrer les données entre tous les observateurs.
L'équipe d'astronomes avait créé un modèle mathématique du système binaire d'EE Cephei, proposant un disque de poussière en rotation autour d'un petit astre froid, et dont la précession au cours du temps pouvait expliquer les différentes formes des éclipses passées. Avec leur modèle, ils prédisaient qu'en 2014, la baisse de luminosité qui serait constatée serait de 2 magnitudes.

Après plusieurs semaines d'observations, quel fut le résultat ?
243 nuits d'observations ont été réalisées, et compilées sur les courbes de lumière suivantes :

Pienkowski & al : https://arxiv.org/pdf/2001.05891.pdf
Sur les longueurs d'ondes RVB et IR, la couverture est très bonne. Comme pour les éclipses précédentes, les courbes sont similaires dans chaque longueur d'onde, ce qu'on appelle une éclipse "grise". Les données ont été acquises depuis l'Europe et l'Amérique du Nord, par des équipes amateurs et professionnelles.

Conclusion : l'éclipse de 2 magnitudes qui a été anticipée n'est pas au rendez-vous. A la place, seulement 0.7 magnitude de différence entre le minimum de l'éclipse et l'état "au repos" de l'étoile (dans la bande verte). Donc c'est cool ! Ça signifie qu'il y a encore du boulot à réaliser sur cet astre :-)

Le détail des observations photométriques et spectroscopiques, les analyses de l'équipe, ainsi que les perspectives pour la prochaine campagne sont compilées dans cette publication dont je suis co-auteur, qui a été soumise au journal Astronomy & Astrophysics en ce mois de Janvier 2020.

Une chouette petite aventure, qui a le mérite de ne pas être terminée. Depuis quelques jours, j'ai recommencé le suivi de cette étoile afin de préparer la prochaine éclipse.

14 mai 2019

Nova de printemps


Comme je n'ai pas passé trop de temps en début d'année sur la recherche de novae extragalactiques, je n'en ai tout naturellement trouvé aucune :-)
Avec le Soleil qui se baladait dans la constellation des Poissons, M31 était noyée dans sa lueur et impossible à atteindre. Mais fin Avril, elle revient dans le ciel du matin et monte assez haut pour que les télescopes de Slooh puissent la pointer.

Le télescope Slooh Canary Island T2 (T420 F/6.8) ne donnait pas une image folichonne ce 25 Avril au petit matin. Suivi moyen de la monture, étoiles pâteuses et mal mises au point, mention "peut mieux faire". Mais après examen de mes images, j'ai pu noter un p'tit quelque chose qui était apparu à proximité de NGC 206.


En version animée et zoomée, ça donne l'animation ci-dessous. Une étoile apparaît juste à côté d'une autre plus brillante.

Image du jour versus image de référence (mêmes télescopes)

Elle est sur toutes mes images de la matinée. Pas d'astéroïde dans le secteur, pas d'objet connu, pas d'artefact. Elle sera également sur mes images du lendemain.

J'ai annoncé la découverte de cette probable nova via le TNS de l'UAI, et elle porte désormais le nom de AT2019ebb.

On distingue encore mieux, en comparant avec une image du survey PanSTARRS, à quel point il n'y avait rien à l'endroit de cette probable nova auparavant. PanSTARRS descend peinard à magnitude 22/23. L'objet qui a explosé ici a donc fait un bond d'au moins 5 magnitudes.

Mon image versus une référence du survey PanSTARRS


Plus de 2 semaines plus tard, l'objet est toujours là. Plus faible, mais pas encore disparu. Photométriquement parlant, on est proche d'une nova classique de type FeII, mais on attend toujours le spectre qui validera tout ça.
Comme je l'évoquais déjà l'année dernière, les novae d'Avril dans M31 voient rarement venir un spectre.

En attendant, cherchons donc la suivante ;-)





24 février 2019

SN2018evt, la super-supernova

Je vais commencer à faire quelques focus sur des objets en cours d'observation, pour montrer un peu de science "en live". Des observations qui étonnent les astronomes, et qui challengent nos connaissances actuelles. On a beau avoir des modèles bien établis pour plein de choses, il y a toujours des observations singulières qui s'acharnent à ne pas vouloir rentrer dans les cases.
Le premier d'entre eux est SN2018evt, une supernova.

SN2018evt --- (c) E. Conseil, with Slooh.com


SN2018evt (alias ASASSN-18ro, alias Gaia18dwd, mais aussi ZTF18actuhrs) est une supernova découverte le 11 Août 2018 par l'équipe ASAS-SN dans la galaxie MCG -01-35-011.
L'objet était à magnitude 16.5 sur l'image ci-dessous à droite (référence sans l'objet à gauche).

Source: http://www.astronomy.ohio-state.edu/~assassin/followup/asassn-18ro.png


Rapidement un spectre fut obtenu (ATEL 11947) par ePESSTO et l'objet fut catalogué en supernova de Type Ia (supernova thermonucléaire).


Pour une galaxie si petite et pas très intéressante, l'histoire se serait arrêtée là. Ce genre de supernova, lorsqu'elle atteint sa magnitude maximale au bout d'une vingtaine de jours après l'explosion, décroit irrémédiablement jusqu'à disparaître.
Ci-dessous un exemple typique de courbe de lumière de supernova de type Ia (données issues des observations de la supernova SN 2011fe) :


Si elle fait comme toutes les supernovae de type Ia, SN2018evt devrait, après son maximum de luminosité, avoir perdu ~3 magnitudes au bout de 2 mois.
La galaxie hôte de SN2018evt se trouve dans la constellation de la Vierge, près de l'étoile Spica. Dès la fin Août, le Soleil s'approche de cette zone du ciel, et rend impossible le suivi des étoiles dans cette zone.
Ce n'est qu'en Décembre, 4 mois après la découverte de la supernova, que de nouvelles mesures sont à nouveau possibles. On s'attend alors à la trouver au delà de la magnitude 19, quasi éteinte.

Et là ... surprise : magnitude 16.5. ASAS-SN rapporte la chose dans l'ATEL 12325 et s'étonne car la classification spectroscopique de ePESSTO ne correspond pas à la courbe de lumière que l'on observe. L'objet ne suit pas du tout la courbe de luminosité classique d'une supernova d'une Type Ia.


Gaia et ZTF confirment les mesures d'ASAS-SN en Décembre.
Suite à l'appel d'ASAS-SN, le télescope spatial Swift se tourne vers SN2018evt et confirme qu'il s'agit d'une supernova de type Ia à son maximum de luminosité (ATEL 12355).
Là ça devient très intéressant parce que ce maximum ne devrait pas durer depuis 4 mois.
Quel serait le process en oeuvre pour maintenir un tel niveau de luminosité ?

J'ai eu l'occasion de suivre cet objet en Janvier, puis Février 2019 (galerie Flickr) et ... il est toujours à son maximum de luminosité.


De plus en plus étrange cette supernova. Elle a le spectre de quelque chose de connu, mais une courbe de lumière pas du tout compatible avec ce que l'on sait des supernovae de type Ia. Donc clairement, on n'est pas face à une naine blanche qui explose classiquement après avoir attrapé de la matière d'une voisine.

Cet objet qui ne payait pas de mine en Août dernier est finalement tout à fait original et mérite qu'on y passe un peu plus de temps, pour comprendre quelle source d'énergie le maintient à un tel niveau depuis plus de 6 mois.
Et comme on ne pourra pas aller voir sur place ce qu'il s'y passe, il va falloir amasser encore et toujours des photons pour essayer de décrypter cette énigme.

To be continued...


2 janvier 2019

AT2018lcl, la dernière de l'année


Le soir du 30 Décembre, alors que j'examinais les images qui étaient en train d'être prises avec les télescopes de chez Slooh, j'ai remarqué une nouvelle étoile brillante (à l’œil environ magnitude 16) dans la galaxie d'Andromède M31.
Il ne m'a pas fallu longtemps pour obtenir plein d'images supplémentaires pour confirmer que la bestiole était bien réelle.
Aucun astéroïde à cet endroit (en plus l'objet était immobile sur 2h de vues), aucune étoile variable connue, aucune annonce déjà faite pour cet endroit ... Avec une dizaine d'images à l'appui étalées sur 2h, j'avais ce qu'il fallait comme matière pour soumettre l'objet au TNS.
Il s'est donc appelé AT2018lcl.

Cependant il y avait bien dans les archives astronomiques quelque chose de connu à peu près à cet endroit. La nova M31N 2009-09a, découverte en Septembre 2009 par les astronomes amateurs japonais Koichi Nishiyama and Fujio Kabashima, était "à la louche" au même endroit.
Serait-on face à une nova récurrente ?

Pour être sûr de ne pas louper l'affaire, j'écris alors un email à Martin Henze, un astronome avec lequel j'ai déjà eu l'occasion d'échanger sur les novae dans M31, et qui est spécialisé dans les novae récurrentes. Si celle-ci est récurrente, il faut l'alerter immédiatement pour qu'il puisse conduire les études qui vont bien dans les premiers instants de la nova.
Début 2017, Martin avait classifié ma récente découverte de l'époque (M31N 2016-12e) comme étant la 18ème nova récurrente connue dans M31. On attend donc la 19ème :-)

Ça, c'était dans l'urgence de l'instant. Il avait encore le temps de pointer un télescope sur la zone ce soir-là avant que M31 ne se couche.
En allant récupérer des archives de 2009 (celles de Kamil Hornoch avec la flèche jaune ci-dessous), et en comparant ses images aux miennes, je trouve en apparence un très léger décalage de position.



Il faudrait pouvoir utiliser les images brutes de Kamil (plein format et sans compression) pour s'en assurer. A ce stade, je penche quand même pour 2 objets distincts.

Et puis la confirmation spectrale est arrivée dès le 02 Janvier (spectre du 1er Janvier) via l'ATEL 12349. Il s'agit d'une nova de type FeIIb.




30 novembre 2018

Rencontres du Ciel et de l'Espace 2018

La salle pendant ma conférence (c) Simon Lericque

Tous les 2 ans depuis 2012, le début Novembre signifie pour moi "séjour à Paris", et plus précisément à la Cité des Sciences et de l'Industrie, pour le plus grand rassemblement d'astronomes amateurs et professionnels en France.
Les Rencontres du Ciel et de l'Espace (RCE) sont organisées par l'AFA (Association Française d'Astronomie) et se déroulent pendant 3 jours.
3 jours de conférences données par des astronomes professionnels sur des sujets d'actualité, et 3 jours de conférences données par des amateurs sur à peu près tous les sujets qui ont trait à notre activité.

Comme en 2016, j'ai postulé en début d'année pour donner une conférence à cette occasion. Cette fois-ci sur la détection de novae dans les galaxies proches. 
Je suis passé en salle 2 le 1er Novembre, et ai eu la chance d'avoir une salle comble et attentive pendant 40 minutes. Tout s'est très bien passé.


Ma conférence, ainsi que toutes les autres, est maintenant disponible sur le site de l'AFA, à l'adresse suivante : https://www.afastronomie.fr/presentation-des-forums